Comment passer noël loin de sa famille

S'expatrier c'est faire le choix volontaire (ou parfois subi) d'être loin des siens lors de moments qui comptent. Anniversaire, mariage, célébrations en tout genre, c'est accepter d'être absent. Comment vivre avec ? Quels sont les trucs pour ne sombrer dans la déprime et passer de belles fêtes malgré tout ? #expatriation #viedexpat #montreal #noel

S'expatrier c'est faire le choix volontaire (ou parfois subi) d'être loin des siens lors de moments qui comptent. Anniversaire, mariage, célébrations en tout genre, c'est accepter d'être absent. Comment vivre avec ? Quels sont les trucs pour ne sombrer dans la déprime et passer de belles fêtes malgré tout ?

 

La période des fêtes de fin d'année ne fait pas exception, En fait, c'est même l'une des périodes privilégiée des compagnies aériennes pour se lâcher sur les prix des billets d'avion. Alors, cette année, je ne passerai pas Noël avec ma famille. J'ai longuement expliqué cette lutte intérieure à laquelle nous devons tous faire face dans « On ne m'avait pas dit que voyager faisait aussi mal ». J'ai été agréablement surprise par les réactions provoquées sur les réseaux sociaux. Ça faisait longtemps que je n'avais pas publié d'article viral de la sorte, depuis « Comment le projet Canada a détruit mon couple et l'a rendu plus fort que jamais ».


Et puis j'ai reçu un mail de Cyndie.

 

Je l'ai trouvé magnifique, parce que ça pourrait être au mot près ce que je me serai écris, si j’étais deux ans plus tard, et que je devais écrire à l’Annelise d’aujourd’hui ! Des mots parfaitement choisis, plein de sagesse et de conseils avisés (oui, j'aime à penser à l'Annelise du futur de la sorte). C'est avec l'accord de Cyndie que je publie son message.

 

Parce que peut-être que toi aussi, tu as le vague à l'âme en pensant à ta famille si loin ;

Parce que toi aussi, tu aurais tant aimé pouvoir être à leurs côtés pour passer les fêtes ;

Et que pour toi, cette année Noël n'a pas tout à fait la même saveur (voire aucune, disons-le franchement, ce n'est pas vraiment Noël).

 

Ce message est pour toi :

 

Bonsoir Annelise,
 
Je viens de lire ton article concernant le mal que cela fait de passer Noël loin de sa famille et je voulais y réagir pour te soutenir.

Ce sera mon deuxième Noël ici, mon deuxième Noël sans mes parents, alors je sais à quel point c'est difficile d'affronter ces moments quand on a pas la possibilité de simplement serrer sa mère dans ses bras et embrasser son père au moment de l'échange de cadeaux. Recevoir un petit quelque chose par La Poste, c'est tellement différent que d'offrir en main propre...

Mais l'année dernière, j'ai pu assister à l'ouverture des cadeaux grâce à un appel vidéo, j'ai pu leur souhaiter un joyeux Noël et même une bonne année pile à l'heure. Ça a été dur, surtout pour ma mère qui ne comprenait pas que je ne puisse pas la rejoindre, alors qu'elle me proposait de m'aider à payer mon billet, mais on y a survécu. Pas le choix.
 
L'expatriation, comme tu l'as dit, n'est vraiment pas pour tout le monde. On s'isole, on doit faire des choix difficiles, on a pas toujours quelqu'un pour nous comprendre, et parfois même, on doit faire face à l'incompréhension de personnes proches. "Si c'est dur, pourquoi tu ne reviens pas ? Pourquoi tu es partie si tu savais que ça allait être douloureux ? Je pensais que ça allait, tu me dis tout le temps que ça va ..."
Non, ça ne va pas, mais à quoi ça servirait de les inquiéter puisqu'ils sont à l'autre bout du monde ?
Si seulement on pouvait ramener toute notre famille dans nos valises... 

Pourtant, j'aime Montréal, j'aime la vie ici. Bien que je supporte difficilement (mais en silence et en serrant les dents) le froid et la neige, je trouve que c'est une ville merveilleuse dans un pays fantastique. Mais parfois, je me demande si tout ça n'existe pas ailleurs, plus près de la France, plus proche de chez moi ... 
 
C'est avec les larmes aux yeux que je t'écris, peut-être pour décharger un peu de cette frustration qui me hante encore à l'approche des fêtes, mais surtout pour te dire que tu n'es pas seule. Profite de cette période pour faire ce que tu aimes faire, écris, cuisine, tricote si c'est ce que tu aimes, mais fais au maximum des choses qui te plaisent, pour que tous ces petits bonheurs t'aident à surmonter ta tristesse. Va boire un café avec des amis, des connaissances, ton chéri. Fais des marchés de Noël, redécouvre la ville sous la neige, va dans des endroits que tu n'as jamais visité. Occupe toi l'esprit. Et n'hésite pas à raconter tout ça à ta famille et à les écouter te raconter ce qu'ils ont fait aussi, de leur côté. C'est comme ça que j'ai surmonté mon premier Noël loin de ma maman.
 
Je te souhaite plein de courage et plein de moments de rire et de joies pour cette période de fête, en espérant que tu pourras vite retrouver les tiens malgré le peu de congés que nous offre le Québec !
 
Cyndie.
 

Et toi comment vas-tu passer les fêtes de Noël cette année ? Vas-tu t'entourer des tes amis expatriés, Québécois ou plutôt faire l'impasse sur cet événement purement et simplement ?