Travailler en bibliothèque à Montréal

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Lorsque Monsieur VIE et moi-même avons décidés de partir vivre au Canada, ma première inquiétude fut la suivante : arriver à trouver du travail.

Vite, vite, j’ai tapé sur Google les mots-clés «travailler en bibliothèque à Montréal» à la recherche du phare qui viendrait me guider. Après 6 mois de présence à Montréal, voici mes conclusions. Je tiens à préciser qu’il s’agit de mon expérience personnelle et qu’il ne faudrait pas la prendre pour parole d’évangile (au cas où j’aurai tort, car chacun son parcours).

La hiérarchie en bibliothèque

Au Canada, comme en France, l'appellation «bibliothécaire» recouvre une réalité bien large.

France

Adjoint du patrimoine


Assistant du patrimoine

Bibliothécaire

Québec

Commis / Préposé aux prêts / Aide-bibliothécaire

Technicien en documentation

Bibliothécaire

 

Si en France l’obtention d’un concours est la voie privilégiée pour obtenir un poste en bibliothèque (et plus exactement, le sésame pour obtenir un précieux CDI), il est tout de même possible d’entrer en poste, quelque soit le grade, en tant que contractuel.

Au Québec, comme en France, les bibliothèques publiques sont de la prérogatives de la municipalité. J’ai pour ma part tenté de faire mes armes pour la Ville de Montréal et les choses m’ont semblé plus complexes…

Tout se passe en ligne... ou pas.

Après avoir entendu tout le monde me parler du précieux "réseau" indispensable pour trouver du travail ici, de l'importance de se déplacer sur site pour se présenter et proposer sa candidature, je m'étais rendue directement dans la bibliothèque la plus importante de la ville où je m'étais entendue dire "Je veux pas vous péter la balloune, mais [...] tout se fait en ligne". J'ai donc repris la voie, désormais traditionnelle, de la candidature en ligne.

Il suffit de se rendre sur le site de la ville, rubrique "Carrières" et de guetter les offres regroupées sous les libellés "Employé de bureau, soutien administratif et technique - Col blanc" et "Gestionnaire, cadre et cadre-conseil RH ".

Sauf que des offres y en a pas des masses, que tout n'est pas diffusé (sûrement à cause de ce réseau qu'il faut avoir pour accéder à ce marché caché de l'emploi) et qu'il vaut mieux viser finalement d'autres sites plus "généralistes" qui vous permettront de suivre l'ensemble des postes publiés, toute structure confondue.

travail ordinateur papier

Ma check-list spécial "job en bib" :

Liste non-exhaustive bien évidemment...

Travailler en tant que bibliothécaire ?

Désolée Madame, mais vous n’êtes pas admissible. Car oui, même si je n'avais aucun espoir que mon concours de bibliothécaire français soit reconnu (faut pas trop rêver non plus), j'espérais que mon expérience sur des postes à responsabilité, elle, soit prise en compte.

Oui, mais non. Au Canada, il faut avoir ABSOLUMENT avoir une Maîtrise en sciences de l’information (anciennement intitulée « Maîtrise en bibliothéconomie ») offerte dans l’une des deux universités au Québec : L’Université de Montréal et McGill University. Sans ça tu n'es rien, sans ça tu n'existes pas, sans ça tu n'es pas admissible à des postes de bibliothécaire pour la ville de Montréal

Donc il ne te reste plus qu'à viser plus bas... mais c'est le jeu de l'expatriation ma pauvre Lucette me direz-vous !

Travailler en tant que technicienne en documentation ? Encore faut-il avoir fait son équivalence de diplômes au préalable (et cela peut prendre du temps) et avoir été reconnu détenteur d'un Diplôme d’Etudes Collégiales en Techniques de la documentation… Fort heureusement, le sachant, je l'avais fait bien avant d'arriver et grand bien m'en a pris !

Travailler en tant que commis ? Ok, mais ça dépend où.

Travailler comme commis / aide-bibliothécaire pour la Ville de Montréal

Pour la ville de Montréal, il va falloir :

  1. Attendre qu'un appel à constitution d'une banque de candidature soit lancé. J'ai eu la chance de tomber pile à ce moment là, fin-juillet 2015.
  2. Passer unconcours appelé "tests en ligne", même si c'est pas vraiment en ligne puisque c'est sur site.
  3. Si réussite du concours, attendre que l'on vous sollicite pour vous proposer des postes à pourvoir.
  4. Si vous avez répondu être intéressé par telle proposition  et que votre candidature intéresse le recruteur, alors vous décrocherez un entretien.
  5. L'entretien passé. Si vous êtes retenu : VICTOIRE !

C’est comme ça que je me suis retrouvée dans un bâtiment administratif de la Ville avec une centaine d’autres candidats à passer des "tests en ligne".

ordinateur

D'une durée exacte de 106 minutes (j'ai personnellement fini bien avant, ce qui m'a fait douter de ma réussite, mais j'avais tort de m'inquiéter). Le test pour devenir "aide-bibliothécaire" comprend 4 épreuves :

  • Orientation client: Test de jugement situationnel – Sens de la clientèle
  • Habileté numérique : Raisonnement numérique (à comprendre mathématiques)
  • Travail de bureau : Classement et vérification (à comprendre, êtes-vous capable d'ordonner un maximum des livres selon des indices à rallonge en un temps très court)
  • Connaissance linguistique : Langue française (orthographe, grammaire, conjugaison)

Le point positif, c'est que si vous postulez à un emploi requérant un test en ligne que vous avez déjà complété : - Un test réussi n’aura pas à être repris pour une période de cinq ans à compter de sa date de passation. - Un test échoué pourra seulement être repris 12 mois après sa date de passation.  [duuur. Faut pas se louper !]

Conseil : no stress !

Avant le test, vous recevrez un document avec des exemples de question posées à l'examen pour que vous puissiez savoir à quelle sauce vous allez être mangé vous préparez psychologiquement.

Je pensais vraiment me planter, surtout en mathématiques (ce n'est pas mon fort), mais c'était sans compter sur le fait que j'ai tout de même un niveau universitaire et qu'il s'agit d'un concours. C'est-à-dire que vous n'êtes pas tant évalué sur vos réponses, mais plutôt sur votre pourcentage de bonnes réponses par rapport aux autres !

C'est ainsi que j'ai très largement réussi toutes ces épreuves (oui je me la pète!). J'ai donc été convoqué pour un entretien d'embauche après m'être déclarée intéressée par l'une de leur offre.

Après une brève présentation de votre parcours (professionnel on s'entend, tout le monde s'en fou de votre parcours universitaire qui ne parle de toute façon à personne dans un pays étranger), une série de questions de mise en situation vous sera posé. De mémoire j'ai eu le droit à 6 questions. On avait mis à ma disposition un classeur. Sur chaque page, la question posée et une liste d'options. Je devais les classer par ordre de priorité selon moi. Pas plus, pas moins. Bon si, quand même, les recruteurs étaient étonnés de me voir postuler à un poste d'équipement en livres, alors que je coordonnais dernièrement l'ensemble des projets informatiques d'un réseau de 9 bibliothèques, et n'ont donc pas hésité à me demander "Pourquoi ?". Autant miser sur l'honnêteté, je leur ai répondu qu'en tant que nouvelle arrivante, je n'avais pas peur de commencer en bas de l'échelle pour travailler et réussir. Ma réponse a payé, j'ai été recruté.

Sauf que j'avais déjà préparé mes arrières en me positionnant sur une autre voie... j'ai donc refusé.

La voie du privé.

Oui quand on cherche du travail, il ne vaut mieux pas mettre tous ses œufs dans le même panier et ne pas hésiter à se diversifier. Universités, écoles, entreprises... tout est envisageable !

C'est ainsi que j'ai pu être recruté en tant que technicienne en documentation avec une reprise de mon ancienneté au niveau salarial. Je n'aurai pas pu espérer mieux !