Mon premier hiver québecois

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Si le printemps a déjà débarqué en France, outre-Atlantique, on attend encore un peu. La fin de l'hiver approche, ça se sent et surtout, je veux y croire !

Oui, c'est vrai qu'il y a tout juste trois jours, il neigeait encore sur la ville de Montréal... MAIS on sait que cela fait partie des dernières de la saison, car elle ne tient pas la neige. Il fait trop chaud, ça fond, ça dégouline et ça inonde presque les rues. Oui, il a fait un temps de m**** ces jours-ci, avec une belle alternance de neige/pluie/neige/pluie, mais peut-être s'agit-il tout simplement des prémices des beaux jours ? C'est comme si le temps avait besoin de reprendre un peu l'entrainement, pour être fin prêt pour l'été.

En tout état de cause, mon premier hiver à Montréal s'achève et il est grand temps que je vous en parle. Cet hiver, je l'ai craint, je l'ai redouté, j'en ai presque fait des cauchemars tellement je l'ai appréhendé. Voyez-vous, je suis du genre frileuse. Du genre à mettre un pull à la maison quand il y fait plus de 20°, du genre à éternuer au moindre courant d'air, du genre à détester l'hiver et m'épanouir en été. Alors quand il a été question de venir s'installer au Canada, ce n’était pas de gaieté de cœur que je suis arrivée ici en pensant à la saison hivernale qui m'attendait. Alors oui, c'est sûr, tout le monde me disait "c'est génial tu vas pouvoir faire du ski/du patin/du chien de traineau/du ski doo" ouai, ouai, ouai, sauf que j'ai passé la moitié de ma vie à habiter près de la montagne sans jamais rien faire de tout ça. Les sports d'hiver moi, c'est pas mon truc, faudra trouver un argument plus convaincant.

Du coup, quand on s'est installé à Montréal, mon obsession était de me trouver des habits d'hiver. IL ME FALLAIT ABSOLUMENT UN MANTEAU CHAUD. J'aimerai dire que c'était une question de vie ou de mort, mais à -40°C ce proverbe prend tout son sens. Alors oui, relativisons, y a à peu près aucune chance que je reste dehors une journée entière par de telles températures, et il est bien plus probable que ça ne soit que le temps de 15 petites minutes pour rejoindre mon domicile/le métro, mais tout de même ! J'avais bien entendu parler de la "technique de l'oignon" avec des propos du genre "t'inquiètes, tu mets plein de couches de vêtements et ça paaassseeee". Et je voudrais dire, maintenant d'expérience, que c'est une très très très mauvaise idée.

Alors voilà. Parlons peu, parlons bien. Mon premier hiver à Montréal, contre toute attente, bah c'était "pas si pire" comme disent les Québécois ! Oh oui, toi qui habites à Montréal depuis des années, je t'entends de l'autre côté de l'écran et je sais bien que cet hiver a été particulièrement chaud. Mais tout de même, il restera le plus froid de ma vie (l'hiver prochain a encore le temps de décrocher ce titre...). Si je me fie à mon thermomètre corporel interne, je me suis quand même gelée les miches à quelques moments. Ces matins où il fallait sortir travailler alors que le vent glacial me fouettait le visage, où l'air était tellement froid que je ne pouvais pas utiliser mon téléphone tellement j'avais froid aux doigts (et je ne parle même pas de mes amies possédant un iPhone qui ne pouvaient même plus l'utiliser du tout, car il avait freezé), que je respirai dans mon écharpe tellement l'air extérieur était trop vif. Puis il y a ce moment où tu rentres dans la bouche de métro, heureuse de trouver un peu de chaleur et que très vite tu étouffes. Tu suffoques limite tellement tu as trop chaud ! Tu dois alors enlever ton gros manteau, ton écharpe, ton bonnet pour retrouver une température corporelle normale. Et c'est à ce moment-là que je déconseille d'avoir 15 couches de fringues sur soi pour ne pas avoir à tout enlever, pour ensuite tout remettre en sortant du métro OU tout garder sur soi et arriver au travail totalement transpirante ; à vous de choisir.

Mais qu'on se le dise, la ville sous la neige, c'est magnifique.... Je ne me suis à aucun moment lassée d'observer ces flocons de neige tomber (surtout quand j'étais au chaud, à la maison, pour les regarder).

Voir la ville parée de son manteau blanc, calme et sereine, c'est un beau spectacle.

C'est tout de suite moins drôle quand tu te retrouves dehors en pleine tempête de neige, avec le vent qui te souffle une tonne de flocons à la minute en pleine figure. Cela dit, c'est aussi une expérience à vivre. C'en est encore une autre de la vivre à -40°C. Ce soir-là, nous étions sortis chez des amis, le retour a été sacrément difficile. Les 10 premières minutes easy, puis les 5 dernières horribles. Ton corps commence à sérieusement hurler au froid, tes poils dans le nez gèlent et tu as du mal à respirer, tes cils commencent eux aussi à geler. Là, c'est les choses sérieuses. Fort heureusement, ça n'arrive pas si souvent. En tout cas, cet hiver ce n'est arrivé qu'une fois. Globalement, il a fait plutôt bon. Je dirais en moyenne -10/15°C et croyez-le ou non, mais c'est carrément supportable. Le froid ressenti est tellement différent de celui de la France. À Montréal, à 0°C, je trouve qu'il fait bon. À Paris, à 0°, j'en peux plus tellement j'ai froid. L'air est sec et ça fait une sacrée différence.

Le point négatif finalement, de cette neige qui tombe parfois des journées entières, est qu'elle laisse place à l'enfer des piétons. La neige se glace et devient des plaques de verglas dangereuses. Pour peu qu'il ait neigé par-dessus la glace, le piéton ne sait plus où il met les pieds, alors il glisse, puis il tombe. Oh oui, j'ai bien dû me ramasser une petite dizaine de fois sur le trottoir. C'est le jeu.

Enfin, la neige fond. Il y  a de l'eau partout, puis très vite de la boue se mêle et il se crée d'énormes flaques d'eau dégeulasses. Là, tu sais encore moins où mettre tes pieds parfois, tellement y en a partout. Y a aussi ces déchets qu'on retrouve avec le dégel, comme cristallisés dans cette glace souvenir d'un temps passé. Une bonne pluie pour effacer les vestiges et c'est repartie la ville retrouve le sourire. Enfin, on peut laisser de côté les grosses bottes de neige / les bottes de pluie / les grosses chaussures et se parer de ses plus beaux souliers en toile / en cuir.

L'année dernière, nous avions débarqué au mois de juin et je m'étonnai un peu que parfois les filles dans la rue soient si peu vêtues. Maintenant je comprends mieux. Nous sommes mi-avril, c'est toujours l'hiver, et nous l'été, on l'attend de pied ferme. On s'est bien habillé 6 mois durant, il est temps de tout laisser et de pouvoir sortir léger !