Le grand choix

le grand choix

Lorsque mon copain m'a annoncé qu'il voulait partir vivre à Montréal, un monde s'est écroulé.

Le mien.

Vivre ailleurs, dans un environnement différent, avec d'autres repères culturels, ce n'est pas une décision à prendre à la légère. Je crois que c'est dans ces moments là que l'on réalise tout ce que l'on a. Au moment précis où l'on songe sérieusement à tout quitter.

On pense tout acquis. Son travail, son logement, ses amis, sa famille. C'est "normal" d'avoir tout ça. On n'imagine pas une seconde qu'il puisse en être autrement. Mais s'il fallait tout laisser derrière soi et tout recommencer ? Voilà exactement ce qu'il se passe dans la tête du conjoint à qui l'on demander de tout quitter, par amour.

J'ai toujours trouvé que la femme qui abandonnait tout pour l'autre, afin que Monsieur puisse se réaliser dans sa carrière, était d'un tel cliché. Je suis une femme moderne, autonome et indépendante. J'ai un boulot, je gagne bien ma vie et je devrai renoncer à ça et la liberté d'action qui en découle ? Celles qui suivent aveuglement leur cher et tendre ne sont-elles pas celles qui n'ont de toute façon aucune carrière et sont condamnées à assurer le rôle de femme au foyer ?

Il semblerait que non.

Je crois que lorsque l'on décide de s'expatrier, les premières étapes sont psychologiques.

  1. accepter que sa vie puisse changer
  2. accepter de tout laisser
  3. accepter que ce qui nous définit en tant que personne n'est pas autour de soi (amis, hobbies, habitudes de vie), mais en soi.

Alors oui vous partez, oui vous laissez beaucoup derrière vous, mais vous vous emportez !