6 mois à Montréal : mon bilan #2

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6 mois… 6 mois déjà que nous avons traversé l’Atlantique pour venir nous installer chez «nos cousins» québécois. J’ai l’impression que c’était hier et à la fois, j’ai l’impression que cela fait une éternité quand je repense à tout ce que nous avons traversé.

6 mois durant lequel il a fallut s’habituer à ce nouvel environnement, que je me fasse à cette idée que ici, c’était chez moi désormais. 6 mois à m’habituer à ces petites habitations ravissantes côtoyant ces immenses buildings. 6 mois à tenter de comprendre en un coup (sans même réfléchir) ce que mon interlocuteur à l’accent prononcé pouvait bien vouloir me dire, 6 mois à se balader/visiter/découvrir la ville et ses opportunités.

Il y a eu notre première installation, puis la seconde pour un autre appartement. Il y a eu la recherche d’emploi et tous ces moments de doutes. Moi qui était persuadée de ne jamais pouvoir me faireau quotidien d’une femme au foyer, j’ai finalement véritablement apprécié d’avoir ces 2 mois et demi d’été rien que pour moi. Me lever le matin quand le sommeil me quittait, commencer ma journée par une séance à la salle de sport, la poursuivre par quelques impératifs quotidien (cuisine, ménage, vaisselle) et la terminer par tout ce que bon me semblait (le blog, sortir, regarder des séries…). J’aurai finalement aimé que cette période dure plus longtemps, mais très vite la question de l’argent est venue assombrir le tableau. Quand on a l’habitude d’en avoir, prendre celle de se restreindre est une autre affaire. Très vite la frustration débarque au grand galop, le sentiment de dépendance à l’autre et l’impuissance face à la situation sont assez difficiles à vivre. Il y a ces CV que l’on envoie et qui restent sans réponse, ces appels que l’on reçoit pour des postes sous-qualifiés auxquels on n’a même pas postulé qui se multiplient. On est immigré, il faut travailler, on apprend à être humble. On apprend sur soi. On apprend ce qu’on est prêt à accepter (ou refuser) pour se sentir bien avec soi-même, pour pouvoir se regarder dans la glace le matin sans aucunes arrière-pensées. L’argent est important oui, mais à quel prix ?

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J’ai eu de la chance. J’ai trouvé un travail en tout juste un mois de recherche effectif (et moins de 10 candidatures envoyées en tout et pour toi). J’ai pu trouver un poste dans un domaine proche de mon secteur d'origine. Mais j’ai du renoncer à ma fonction initiale, aux responsabilités et au salaire conséquent qui allait avec. J’ai découvert que je pouvais tout de même avoir de la reconnaissance. Une reconnaissance que je n’aurai certainement pas eu en France, sauf si j’étais tombée sur un bon manager. Car ici, les québécois (canadiens ? américains ?) savent valoriser le travail de leurs collaborateurs, les mettre en avant et les féliciter publiquement du bon travail réalisé.

Le stress, la pression, les distances, ma vie de banlieusarde parisienne ne me manquent pas. J’apprécie mes horaires confortables, ma possibilité de tout faire à pied, ma simplicité de vie montréalaise. Je n’ai pas encore vécu les grands froids de l’hiver, mais ce que j’ai vécu jusqu'à aujourd’hui me laisse penser que c'est supportable.

Si je regrette d’être partie ? Non, car cette expérience m’a changé. Je pense l’avoir déjà laisser entrevoir au travers de certains billets.

La difficulté de cette expérience réside pour moi principalement dans l’éloignement avec les siens. Vivre en décalé, ne pouvoir s’appeler que le week-end, devoir être disposé et frais comme un gardon pour appeler tout le monde le dimanche matin (alors que t’as juste envie de faire la grasse matinée), et devoir parfois faire face à des choses bien plus difficiles. La maladie, des attentats, l’impuissance à ne pouvoir être là, à pouvoir faire quelque chose. Devoir y laisser un bras si l’envie est trop forte de rentrer aussi vite que possible.

Restera-t-on vivre au Canada ? Je ne sais pas. L'avenir nous le dira...