1 an à Montréal : mon bilan #3

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1 an. 1 an déjà que vous avons posés nos valises à Montréal. En y repensant, j'ai comme le sentiment que le temps s'est écoulé à une vitesse accélérée. Il s'est passé tellement de choses que j'ai l'impression d'avoir vécu plusieurs années en une seule.

La découverte, les longs premiers mois de vacances, les journées à emplir de tout ce qui me faisait plaisir. Le travail, l'adaptation, l'humilité d'être surqualifiée pour les fonctions réelles exercées. Le blog, les rencontres, les sorties, écrire jusqu'à en avoir plus d'encre et à en user les touches de mon clavier.

Les amitiés qui se font et se défont, les surprises, les calculs mathématiques pour appeler ses proches à la bonne heure, la chaleur étouffante de l'été, l'excitation de la première neige, la lassitude des dernières, les nouvelles habitudes qui s'installent, la nostalgie de la mère patrie aussi. Un ensemble de moments incroyables, de bons moments, de moins bons parfois.

 

Une grande leçon de vie :

S'expatrier, c'est une sacrée expérience qui pousse à tout remettre en perspective !

 

J'ai quitté la maison de mes parents à l'âge de 17 ans, pour entrer à l'université. Cela fait bien longtemps que j'ai quitté le domicile familial. Cela fait 12 ans exactement. Je suis même partie vivre à l'autre bout de la France pour tout vous dire, mais je n'avais jamais quitté le pays et encore moins le continent. Vivre à l'étranger m'a obligé à faire un travail en profondeur sur moi-même. On y passe tous, qu'on le veuille ou non. Ou alors, c'est que tu continues à vivre comme si c'était chez toi, alors que ça ne l'est pas, sans te soucier des nouvelles règles de société qui régissent ton environnement.

Dans ma famille, on n’est pas "très famille". On ne fait pas partie de ces familles qui se retrouvent tous les dimanches pour partager un bon repas. On est encore moins de celles qui s'appellent tous les jours pour prendre des nouvelles et parler de tout et de rien. Je n'étais donc vraiment pas inquiète quant au fait d'aller vivre à l'autre bout de la planète. Ils allaient me manquer, oui bien sûr, mais ça irait. Et pourtant, quand mon neveu a soufflé sa 10ème bougie, ça m'a mis un coup. Je n'étais pas là. Je suis la tante indigne qui n'a pas réussi à l'appeler avant 21h30 heure française pour lui souhaiter un joyeux anniversaire...une chance qu'il soit un couche-tard. Le plus dur dans le fait de vivre loin des siens, c'est de réaliser que la vie continue, même sans toi. La déception, l'envie, la frustration de rater des moments importants auxquels t'aurais tellement voulu assister. Voilà exactement ce que l'on ressent. Tout le monde se dit que t'as une vie géniale, t'es au Canada, "t'as tellement de chance !". Mais personne ne s'imagine ces longs moments de solitude et de tristesse qui t'envahissent par moment.

Être loin des miens m'a fait comprendre la place essentielle que je voudrais leur donner dans ma vie. A qui bon vivre tous ces moments incroyables (Québec, New York, La Havane), si tu ne peux même pas profiter de petits moments simples tels qu'aller au marché avec ta mère, commenter des stupidités à la TV avec tes frères ou encore manger une part de gâteau d'anniversaire avec ton neveu ? Cette question m'interroge profondément.

Le lâcher-prise... Waouh ce que j'ai appris sur ce plan-là ! Le Canada m'a mis un sacré coup de pied aux fesses. Je ne dirais pas que j'étais une controlfreak (obsédée du contrôle), mais j'ai été élevée dans l'idée que chaque chose devait être rangée à sa place, qu'en étant organisée les choses se passeraient exactement comme je l'avais décidé, que l'imprévu pouvait être maitrisé par une bonne préparation. C'est la raison pour laquelle notre départ au Canada a été si mûrement réfléchi dans notre couple et que nous avons tout réglé comme du papier à musique jusqu'à notre départ. Malgré tout, il a fallu accepter que tout ne dépendait pas de nous, que je ne pouvais pas tout maitriser, que quoique l'on fasse, certaines choses m'échappaient (nous n'avons su que 3 jours avant notre départ la date de notre vol) et m'échapperaient (allais-je trouver du travail ?). Il a fallu lâcher prise, laisser faire, lasser aller et cesser de s'angoisser. Aujourd'hui, je pense pouvoir dire que j'ai nettement gagné en souplesse. Oui, bien sûr, je suis toujours autant agacée à la vision des chaussures non rangées (à comprendre, au plein milieu) de Monsieur VIE, mais désormais, je me sens plus à même de m'adapter face à l'imprévu et de savoir composer avec.

Dans la même veine, j'ai pris conscience qu'au-delà du fait que je suis une grande râleuse, la culture française nous pousse à souvent nous plaindre et à le faire savoir, tout le temps. Désolée mes chers compatriotes, mais c'est vrai. Je comprends maintenant pourquoi nous sommes perçus par le reste du monde comme un peuple de râleurs, car nous le sommes. C'est dingue ce que les Québécois sont agréables à vivre ! Faciles d'approches, enthousiastes et chaleureux, c'est tellement agréable pour vrai ! Le fait de tutoyer les gens que tu ne connais même pas renforce cette proximité facile. Mais ne t'y trompes pas, pour autant, je ne me suis toujours pas liée d'amitié avec un(e) québécois(e) (So sad, i know !). Trop de codes que je ne sais pas encore décrypter, mais j'y travaille !

Pour conclure, je dirais que plus que la découverte d'un nouveau pays, d'une nouvelle culture, d'une nouvelle façon de parler ou de s'habiller, j'ai paradoxalement appris énormément sur moi-même. J'aurai pu faire un bilan dans la lignée de celui que j'ai fait à nos 3 mois ou nos 6 mois, mais si vous lisez mon blog régulièrement, vous savez déjà tout de mes petites découvertes au quotidien, et je crois surtout que le plus important dans cette expérience est finalement ce que j'en ai tiré sur un plan personnel. La véritable richesse, n'est-elle pas celle que nous avons en nous ? #momentphilosophique

Alors à l'heure de cette année écoulée, pour pouvoir mettre en place toutes les démarches administratives dans les délais, il est temps de nous décider : prolongerons-nous notre séjour au Canada au-delà de ces deux ans ?

Aucune idée !

Et pour toi, ton expérience au Canada,  ça donne quoi ?

Pour fêter nos 1 ans au Canada, profite d'une semaine de promotion pour tout savoir de notre histoire "Comment le projet Canada a détruit notre couple et l'a rendu plus fort que jamais"